Université Paris Ouest Nanterre-La Défense – 22 octobre 2012

"Virginia Woolf et Nathalie Sarraute définissent l’objet de la littérature comme étant la saisie de la « vie », quête qui implique un renouvellement profond des modalités de la perception solidaires de la forme littéraire. Ainsi leur écriture invite à une confrontation avec les concepts phénoménologiques de la perception, tels l’intentionnalité, la chair, et les rapports entre visible et invisible, qui conditionnent le statut du sujet et du savoir chez Husserl et dans leur réélaboration par Merleau-Ponty."

Naomi Toth soutiendra sa thèse en littérature comparée intitulée
« L’Ecriture vive. Une phénoménologie de la perception selon Virginia Woolf et Nathalie Sarraute »

le lundi 22 octobre à 14h
salle René Raymond (B016), bâtiment B, Université de Paris Ouest Nanterre La Défense.

Jury:
Françoise Asso (Lille III)
Chantal Delourme (Nanterre, co-directrice)
Camille Dumoulié (Nanterre)
Catherine Lanone (Sorbonne Nouvelle, rapporteur)
Jean-Marc Moura (Nanterre, co-directeur)
Anne Tomiche (Sorbonne, rapporteur)

Résumé de thèse :

Naomi TOTH, L’Écriture vive. Une phénoménologie de la perception selon Virginia Woolf et Nathalie Sarraute.

Virginia Woolf et Nathalie Sarraute définissent l’objet de la littérature comme étant la saisie de la « vie », quête qui implique un renouvellement profond des modalités de la perception solidaires de la forme littéraire. Ainsi leur écriture invite à une confrontation avec les concepts phénoménologiques de la perception, tels l’intentionnalité, la chair, et les rapports entre visible et invisible, qui conditionnent le statut du sujet et du savoir chez Husserl et dans leur réélaboration par Merleau-Ponty. Lire les représentations de la perception chez Woolf et chez Sarraute avec la phénoménologie permet d’interroger ces mêmes concepts, et éclaire la spécificité de leur pensée littéraire de la perception. Rejetant l’opposition entre le sujet et l’objet ainsi qu’un rapport positiviste au visible, leur œuvre, tant au niveau des essais que des romans, décrit plutôt le désir d’un régime perceptif caractérisé par le contact avec le monde, et représente le sujet comme seuil ou interface. Ce contact est pourtant toujours différé, dépassé d’un côté par la représentation de la « vie » comme élément immanent en excès, et travaillé par les puissances du négatif inhérentes au pathos de la perception que les deux auteurs explorent de l’autre. Ainsi toute unité du corps et du moment présent sont chez elles fragmentées, et la « vie » qu’elles recherchent dans la littérature s’avère dès lors l’effet aussi bien que l’objet de l’écriture. Cette écriture vive, dans leur pensée littéraire de la perception, aboutit de façon singulière pour chacune, à ce que l’on peut nommer une phénoménologie de l’invisible.